La carte des cantonales

J’ai écrit que j’avais été déçu par les infographies des principaux médias au lendemain des cantonales.

Si on prend la carte du Monde par exemple, on y voit la France nettemement découpée en départements, soit bien roses, soit bien bleus, ou à la rigueur gris si l’issue est incertaine. Mais ce n’est pas l’enjeu de ces élections. Ce sont les dernières élections avant la présidentielle, et on est donc attentif aux enseignements nationaux du scrutin au-delà de la composition des conseils généraux. Ce qu’on commente, c’est plus la percée de l’extrême droite ou le poids de l’abstention. C’est la capacité de la droite ou de la gauche à s’imposer.

Dans cette optique, chaque département n’a pas le même poids. Le Nord par exemple, avec presque 900,000 électeurs, compte plus que la Lozère qui en compte juste un peu plus de 20,000. Donc, tracer une carte géographiquement exacte n’est pas très honnête, puisque cela cache ces différences qui peuvent être énormes.

Comme je n’ai pas l’habitude de porter des critiques sans proposer autre chose, j’ai fabriqué des cartogrammes de Dorling pour rendre compte de ce qui s’est vraiment passé dimanche dernier.

Les cartogrammes, ce sont presque des cartes, sauf que le côté géographique n’est pas pris au sens strict. Leur forme dépend plus des données qu’elles représentent. Et dans la version de Dorling, on remplace les morceaux de la carte (ici, les départements) par des cercles, plus ou moins gros. Là, la taille des cercles dépend du nombre d’électeurs inscrits aux cantonales. Du coup, leur position sur la carte n’est pas exactement la même que celle des départements sur la carte de France mais elle est assez proche pour qu’on puisse les retrouver.

Je propose 3 scénarios: une comparaison gauche-droite, l’importance de l’extrême-droite et celle de l’abstention.


Gauche-droite
Extrême-droite
Abstention